La grossesse en prison, un phénomène tabou ?

La grossesse est perçue comme un moment d’épanouissement personnel, durant lequel la femme a le droit de formuler un projet de naissance.Toutefois, certaines femmes connaissent la prison au cours de leur grossesse. On évalue à 50 le nombre de naissances par an, dans le cadre carcéral.

Durant 9 mois, la femme peut bénéficier du même accès aux soins en hôpital public, que n’importe quelle femme. Toutefois, une question demeure : comment allier vie de maman et prison ?

Les droits de la femme enceinte en prison

Une grossesse en prison est source d’angoisse pour les futures mamans. Bon nombre de femmes ne souhaitent pas aller au terme de leur grossesse, pour plusieurs raisons :

  • La crainte de ne pas pouvoir offrir un avenir au bébé.
  • L’éloignement familial.
  • La peur d’accoucher dans leur cellule.
  • Le risque d’être séparée de son enfant, suivant la durée de la peine.

La femme enceinte peut bénéficier d’une interruption volontaire de grossesse, si elle respecte le délai de 12 semaines de grossesse, soit 14 semaines d’aménorrhée (absence de règles).

Pour certaines femmes, le désir d’enfant est plus fort que tout. Toutefois, ces dernières doivent faire face à des difficultés. La détenue doit être accompagnée de 2 surveillantes pour les examens médicaux, ce qui engendre un retard sur le calendrier de suivi de grossesse. La plupart des femmes avouent être stressées, ce qui augmente le risque de contractions.

La femme a le droit d’accoucher dans un hôpital public. Seules des circonstances particulières obligent un accouchement en prison : déni de grossesse, un accouchement rapide, un danger vital pour la mère ou/et le bébé…

La maman a son accouchement pris en charge par la sécurité sociale à 100%. Elle bénéficie des prestations sociales, comme la prime à la naissance et la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE), afin d’acheter tout le matériel pour accueillir le bébé.

Avoir un bébé en prison : une naissance atypique

La naissance d’un enfant au sein d’une prison réactive la solidarité entre codétenues. La femme enceinte est déchargée de ses tâches quotidiennes. Il n’est pas rare que les autres femmes décident de se lancer dans la confection de layette en tricot. Autour de l’enfant, se crée une bulle d’humanité.

La naissance en détention est tout de même particulière. De ce contexte, il en ressort que les enfants sont plus fragiles. Pourquoi ? Bien que la grossesse ait fait l’objet d’un suivi, les femmes enceintes, en général, gardent une mauvaise hygiène de vie, avec la consommation de tabac et même de drogues. La naissance prématurée est un risque nettement plus élevée en prison.

De plus, les enfants sont reconnus comme étant plus fragiles. Bien que la vaccination soit obligatoire, plus d’un enfant sur 10 en prison ne fait pas l’objet d’injections, ce qui le rend particulièrement vulnérable.

L’allaitement apporte des bienfaits à l’enfant et renforce ses défenses immunitaires. En prison, les femmes allaitent peu voire pas du tout leur bébé, ce qui augmente le risque d’infections et d’allergies.

Si la maman est condamnée à une longue peine de prison, le bébé ne peut rester indéfiniment derrière les barreaux. Le droit français prévoit dans le Code de procédure pénale, qu’une séparation s’impose aux 18 mois de l’enfant. Le bébé est placé ensuite chez ses grands-parents, oncles et tantes ou dans une famille d’accueil. La maman conserve un droit de visite. L’enfant peut donc venir lui rendre visite au parloir.

Depuis le 6 juin 2014, l’assemblée à décider de suspendre toute peine de prison pour les femmes enceintes. Il y aurait trop de bébés en prison, ce qui nuit à leur évolution.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *